La tension est montée d’un cran ce lundi 8 juin 2026 au sein de la direction générale des Affaires maritimes sise à Abidjan 2 Plateaux. Vingt-sept agents syndiqués ont été interpellés, lors d’un mouvement de grève lancé par le Syndicat National des Agents de la Brigade des Entreprises Portuaires des Affaires maritimes (SYNABEPAM).
À l’origine de la colère des agents, le non-paiement intégral de l’indemnité contributive au logement annoncée depuis 2022 par le président Alassane Ouattara. Selon le syndicat, les agents concernés devraient percevoir 110 000 FCFA, mais ne toucheraient que 70 000 FCFA.
Très tôt dans la matinée, policiers et gendarmes ont été déployés autour des sites des Affaires maritimes pour empêcher la mobilisation. Le SYNABEPAM affirme que plusieurs manifestants ont été gazés puis arrêtés alors qu’ils protestaient pacifiquement avec des pancartes devant leur administration.
« Nous avons demandé à nos camarades de venir sans armes. Ce mouvement ne peut pas être considéré comme un trouble à l’ordre public », a déclaré Madjou Glé Henri Joël, secrétaire général du syndicat.
Au-delà de la question des indemnités, les agents portent d'autres griefs contre l'administration dirigée par le Colonel-Major Yao Kouassi Julien. Ils dénoncent une dégradation continue de leurs conditions de travail ainsi qu'une gestion financière et administrative qu’ils jugent opaque. (Nous y reviendrons)
Le syndicat réclame notamment la revalorisation des primes, un audit de la gestion financière et administrative, la réforme du fonds de prévoyance ainsi que la création d’un mécanisme indépendant de contrôle des recouvrements financiers.
Plusieurs tentatives de négociation avaient pourtant été engagées ces dernières semaines avec la direction générale et le ministère des transports. Mais selon le SYNABEPAM, aucune proposition concrète n’a été faite sur les principaux points de revendication.
L’arrestation de plusieurs membres du bureau syndical a davantage tendu le climat. Certains seraient détenus à la préfecture de police d’Abidjan et au camp d’Agban.
Pour de nombreux agents, la réponse sécuritaire choisie par les autorités traduit surtout l’échec du dialogue social au sein des affaires maritimes.
Le SYNABEPAM appelle désormais à la poursuite du mouvement jusqu’à la libération des agents arrêtés et l’ouverture de discussions qu’il souhaite « sérieuses et sincères ». Nos tentatives pour recueillir la réaction de la direction générale face à la sortie du SYNABEPAM sont restées pour le moment infructueuses.
Cette nouvelle crise remet au centre des débats la gestion de l'administration maritime confrontée aux défis de la transparence et de l'efficacité.
Yves Kouassi






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