Cinq mois après la dissolution de la CEI, le dialogue politique souhaité par l'opposition en vue de la mise en place d'un organe électoral consensuel, crédible et fiable n'aura pas lieu. Le gouvernement a décidé de s'engager dans un processus unilatéral dont les articulations ont été dévoilées ce mercredi 14 octobre 2026 par le ministre de la communication Amadou Coulibaly. Au terme du conseil des ministres
La réforme du système électoral ivoirien se précise, mais la question du dialogue politique reste entière. À l’issue du Conseil des ministres du mercredi 14 octobre 2026, le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, a présenté les prochaines étapes de la mise en place de la nouvelle instance électorale.
Les propositions transmises par les partis politiques et les organisations de la société civile seront examinées par le gouvernement. Les points de convergence seront identifiés avant l’élaboration d’un document qui sera soumis à l’Assemblée nationale pour examen et adoption.
« Ces recommandations ont toutes été reçues ; elles seront analysées et des points de convergence seront dégagés », a déclaré Amadou Coulibaly.
Cette procédure ne répond toutefois pas à la demande formulée par plusieurs formations de l’opposition. Le mardi 13 octobre, celles-ci ont annoncé avoir saisi le Premier ministre, Robert Beugré Mambé, pour réclamer l’ouverture d’un dialogue national sur le futur organe électoral.
L’opposition souhaite parvenir à un accord sur l’architecture et le fonctionnement de cette institution, dont la crédibilité sera déterminante pour les prochains scrutins. Elle défend une démarche fondée sur la concertation entre les acteurs politiques, plutôt qu’un processus dont les arbitrages finaux relèveraient du seul gouvernement.
Le désaccord porte donc autant sur la méthode que sur le contenu de la réforme. Le gouvernement entend centraliser les propositions et en tirer un document de synthèse, tandis que l’opposition réclame un cadre de dialogue permettant de négocier les termes d’un accord politique.
Le Premier ministre avait pourtant placé la restauration de la confiance au cœur de ses consultations avec la classe politique.
Or, sans accord sur les règles du jeu électoral, la réforme risque de laisser intacte la défiance qu’elle est censée dissiper.
Yves Kouassi





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