À l’approche de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire, les chefs d’État ivoirien et français se sont retrouvés lors d’un déjeuner, le 16 juillet au palais de l’Élysée. Les questions sous-régionales ont occupé une bonne partie des discussions.
Emmanuel Macron salue le président de la Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara, à son arrivée pour assister au Sommet de la Francophonie au château de Villers-Cotterets, le 4 octobre 2024.
Comme très souvent lorsqu’il est en séjour en France, Alassane Ouattara se rend à l’Élysée afin de s’y entretenir avec son homologue, Emmanuel Macron. Cette fois, c’est autour d’un déjeuner en tête-à-tête que se sont réunis les deux chefs d’État, le 16 juillet, leurs épouses Dominique Ouattara et Brigitte Macron n’ayant pas pu se joindre à eux.
Selon nos informations, cet entretien a essentiellement porté sur la région ouest-africaine, marquée par la recrudescence des attaques terroristes dans les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES). Alassane Ouattara et Emmanuel Macron ont évoqué la fragilité de Niamey, Ouagadougou et Bamako, qui fait planer une menace sécuritaire sur les autres capitales. Le président français s’est dit inquiet de la multiplication des attaques jihadistes au nord du Bénin. Dans ce contexte, Paris a organisé un exercice militaire de renforcement des capacités opérationnelles des soldats béninois du 16 au 19 juillet dernier, à l’Académie internationale de lutte contre le terrorisme de Jacqueville, en Côte d’Ivoire.
Un autre sujet s’est invité dans les discussions : la crise que traverse l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa). Alassane Ouattara a répété avec fermeté son refus de voir un pays dirigé par une transition militaire qui ne se trouve pas engagé dans un processus de normalisation, prendre les rênes du Conseil des ministres de cette institution.
Le 11 juillet, les trois pays de l’AES avaient quitté avant la fin la 2ème session ordinaire annuelle du Conseil des ministres de l’Uemoa qui avait lieu à Lomé, au Togo, pour protester contre « l’absence de consensus » sur la présidence tournante de l’instance qui devrait revenir à Ouagadougou. Emmanuel Macron s’est dit aligné sur les positions des chefs d’État réticents face à une telle perspective. Par ailleurs, le président français a réaffirmé son souhait que le processus de création de l’éco, la future monnaie commune des États membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), soit accéléré.
À la fin du déjeuner, Alassane Ouattara a abordé le processus électoral en cours dans son pays, qui aboutira à l’organisation de l’élection présidentielle le 25 octobre prochain. Il a rassuré son hôte sur le fait que le scrutin se déroulera dans des conditions apaisées. Un échange au cours duquel le cas des opposants Laurent Gbagbo, Tidjane Thiam, Guillaume Soro et Charles Blé Goudé, tous radiés des listes électorales et donc inéligibles, n’a pas été abordé.
Jeune Afrique




0 Commentaire
Aucun commentaire à afficher !