Le déguerpissement du quartier Vridi 3, appelé « Zimbabwe », dans la commune de Port-Bouët, continue de provoquer une vive polémique. Alors que le District autonome d’Abidjan défend une opération de prévention face aux risques liés à la saison des pluies, la mairie de Port-Bouët dénonce une action menée sans véritable accompagnement des populations.
Le District autonome d’Abidjan assure avoir, depuis plusieurs mois, multiplié les campagnes de sensibilisation auprès des habitants installés dans cette zone considérée comme à risques. Les autorités évoquent notamment les dangers d’inondation, l’insalubrité, les branchements électriques anarchiques et les menaces sur les vies humaines. Pour le District, cette opération s’inscrit dans sa politique de prévention et dans son objectif de « zéro mort en 2026 ».
À Port-Bouët, la réaction de la mairie est tout autre. Dans un communiqué publié mercredi, les services du député-maire, Dr Emmou Sylvestre, dénoncent une opération « brutale » ayant laissé des milliers de familles sans abri en pleine saison des pluies et à quelques jours d’importants examens scolaires.
La mairie rappelle également que Vridi 3 existe depuis plus de 60 ans et abrite d’importantes activités de pêche artisanale, des écoles, des lieux de culte ainsi qu’un centre de santé communautaire.
Pendant que les deux institutions se renvoient la responsabilité, ce sont surtout les populations déguerpies qui tentent désormais de faire face à l’urgence.
Yves Kouassi



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