La place Ficgayo, à Yopougon, a vibré ce samedi au rythme des slogans et ovations de milliers de partisans réunis autour de Laurent Gbagbo. L’ancien président ivoirien a profité de ce meeting pour réaffirmer avec force son opposition à une éventuelle candidature d’Alassane Ouattara pour un quatrième mandat.
« Il n’y aura pas de quatrième mandat », a martelé le fondateur du PPA-CI, suscitant une clameur dans la foule. Pour Gbagbo, la Constitution ivoirienne limite clairement l’exercice du pouvoir présidentiel à deux mandats.
Dans son intervention, l’ex-chef d’État a également raillé l’annonce d’une marche du RHDP visant à soutenir Ouattara. « S’ils marchent pour dire oui, nous marcherons pour dire non », a-t-il lancé sur un ton ironique, cherchant à galvaniser ses militants et à rappeler la capacité de l’opposition à occuper la rue.
Cette prise de position intervient dans un climat politique tendu à l’approche de la présidentielle d’octobre. Plusieurs figures de l’opposition – Laurent Gbagbo, Tidjane Thiam, Guillaume Soro et Charles Blé Goudé ont été exclues du scrutin par des décisions judiciaires que leurs partisans jugent politiques. Face à cela, le Front commun PDCI–PPA-CI dénonce une manœuvre destinée à verrouiller le jeu électoral.
Pour le camp présidentiel, la révision constitutionnelle de 2016 permet à Alassane Ouattara de se représenter, les deux premiers mandats exercés avant cette réforme n’étant pas comptabilisés.
Bastion historique de l’opposition, Yopougon a de nouveau servi de théâtre à une démonstration de force. En 2020 déjà, la question du troisième mandat avait embrasé les rues et fracturé la société ivoirienne.
Avec cette sortie, Laurent Gbagbo entend repositionner son camp comme le rempart contre une « dérive institutionnelle ».




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