Chers compatriotes
Chers frères et soeurs de Côte d'Ivoire
En ce jour où le monde commémore la naissance de l’Enfant de paix, mes pensées vont d’abord vers celles et ceux pour qui Noël n’a plus le goût de la joie : les familles endeuillées, nos frères et sœurs détenus pour leurs convictions, et toutes les victimes d’une violence politique devenue, hélas trop souvent, un mode de gouvernement.
Je pense à ces mères à qui l'on arrache leurs, ces enfants contraints de grandir sans leurs pères, à ces familles brisées par des décisions de justice arbitraires et des répressions injustifiables. Je pense à ces milliers de compatriotes privés de liberté, qui passent cette Noël derrière les barreaux non pour avoir fauté, mais pour avoir pensé autrement.
Je pense aussi à notre pays, la Côte d'Ivoire, si riche de sa diversité et de son histoire, aujourd’hui fragilisée par une fracture politique profonde, entretenue délibérément par un pouvoir qui a fait de la division un instrument de domination. Les crises récentes nous rappellent que lorsque la justice est instrumentalisée et que le dialogue est refusé, les pages sombres de notre histoire ressurgissent, avec leur cortège de souffrances et de traumatismes durables.
Et pourtant, l'espérance demeure portée par celles et ceux qui refusent l’injustice et croient encore en une Côte d’Ivoire libre, réconciliée et démocratique. Je veux croire que nous pouvons encore nous rassembler autour de ce qui nous unit : l’amour de notre pays, le désir de paix et la foi en un lendemain meilleur. La route sera longue et semée d’embûches, mais elle est la seule qui vaille. La Côte d’Ivoire mérite mieux que la peur et la division ; elle mérite la paix, la dignité et la justice. C’est ensemble, dans la lucidité et le courage, que nous construirons ces jours meilleurs.
Joyeux Noël à tous les enfants de Côte d'Ivoire
Guillaume Kigbafori Soro




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