Mes chers compatriotes
Mes frères et sœurs
À l’occasion de l’Aïd el-Fitr, je souhaite adresser mes meilleurs vœux à l’ensemble de la communauté musulmane de Côte d’Ivoire.
Pendant trente jours, vous avez tenu. Trente jours à discipliner le corps pour élever l’âme, dans un pays où les contraintes du quotidien n’épargnent personne.
Partout sur le territoire, cette fête rassemble : autour d’un repas partagé, dans une cour commune, entre voisins qui se reconnaissent frères et se respectent. C’est cette Côte d’Ivoire-là qui tient encore debout.
Mais ce moment ne doit pas être seulement une célébration. Il doit être un rappel.
Le Ramadan nous enseigne une chose essentielle : aucune société ne tient sans discipline, sans sens de la limite et sans attention réelle aux autres.
Or notre pays reste confronté à des attentes profondes :
attente de justice,
attente d’équité,
attente d’un climat apaisé où chacun se sent respecté et protégé.
L’esprit du Ramadan - maîtrise de soi, exigence personnelle, solidarité concrète - doit dépasser le cadre religieux pour irriguer notre vie nationale.
Je pense en ce jour à ceux qui célèbrent loin des leurs, au service du pays. Leur sacrifice silencieux mérite notre respect et notre gratitude
Je pense aussi à ceux pour qui cette fête est lourde : les familles dans le dénuement, les mères qui ont tenu sans certitude pour le lendemain, les hommes qui n’ont que leur dignité pour tenir debout. Ils ne doivent pas être des oubliés de la République.
La Côte d’Ivoire a toujours su avancer lorsqu’elle choisissait l’essentiel :
le respect,
la justice,
le sens du collectif.
C’est à cette condition qu’elle pourra continuer.
À toutes et à tous, je souhaite une fête de l’Aïd el-Fitr digne, solidaire et fraternelle.
Qu’Allah accepte votre jeûne, entende vos prières et guide la Côte d’Ivoire vers plus de justice, de stabilité et de réconciliation.
Aid Moubarak !
Guillaume Kigbafori Soro





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